Libération
Un jour pour changer le monde : Le World CleanUp Day, un projet planétaire pour le bien de tout un chacun

15/09/2018 Chady Chaabi

“Nous vivons dans un monde qui croule littéralement sous les déchets. Chaque année, la population mondiale génère près de 4 milliards de tonnes de déchets de différentes sortes. Pour notre environnement, pour l’avenir nous nous engageons ». C’est ainsi que le programme d’action sociale World CleanUp Day présente sa mission. Un engagement qui dure depuis une décennie et qui tire sa quintessence de la journée du 15 septembre.
Né en Estonie, ce projet planétaire, qui a réuni 4% de la population locale, a permis le 15 septembre 2008 de ramasser en l’espace de quelques heures seulement, 10000 tonnes de déchets. Depuis, pas moins de 130 pays ont rejoint le mouvement éstonien dont l’objectif, vous l’aurez compris, est de collecter un maximum de déchets sauvages lors du World CleanUp Day, mais également de générer une prise de conscience au sujet de la problématique des déchets sauvages, ajoute-t-on. « Nous voulons organiser la plus grande mobilisation citoyenne et environnementale jamais faite pour une prise de conscience mondiale », souligne la même source.
Une mobilisation qui ne laisse pas de marbre l’ONG Surfrider Foundation Maroc. Implantée à Agadir et guidée par la volonté de protéger, mettre en valeur et gérer durablement le littoral, ses vagues et ses usagers, cette association affiliée à Surfrider Foundation Europe, une ONG agréée auprès de l’Union européenne pour ses programmes éducatifs, juridiques et de protection de l’environnement, organise en collaboration avec le Club Med, ce samedi, à partir de 9h30, un grand nettoyage à la Kasbah d’Agadir Oufella.
Pour Rkia Drouiche, responsable communication, l’engagement de l’association auprès du mouvement planétaire World CleanUp Day se justifie à l’aune de la nature des multiples activités réalisées par l’ONG depuis sa création. «Nous organisons toute l'année des initiatives océanes, des nettoyages de plages, lacs, rivières et fonds marins partout dans le monde. Ces collectes de déchets sont organisées par des bénévoles grâce à l’accompagnement de Surfrider Foundation», a-t-elle indiqué. En d’autres termes, le World CleanUp Day cadre parfaitement avec les fondements même de l’association.
Toutefois, la multiplication de ce genre d’initiatives se heurte forcément à l’épreuve des résultats. Ce à quoi Rkia Drouiche rétorque en affirmant que «ces trois dernières années, nous avons remarqué un changement comportemental et sociétal, et ce, grâce aux efforts de la société civile et des médias sociaux».  
Cette combinaison d’efforts ressemble comme deux gouttes d’eau aux besoins du World CleanUp Day. En effet, pour faire aboutir ce type de projet universel, il n’y pas de secret. La synergie des efforts et la mobilisation d’un maximum de pays sont impératives, au même titre que l’élaboration d’un plan d’action afin d’optimiser la collecte des déchets. C’est la raison pour laquelle l’ensemble des associations qui ont émis le souhait de participer à ce jour particulier se sont inscrites auprès de la maison mère de World CleanUp Day, afin que cette dernière puisse connaître les effectifs et créer des équipes de collecte. Et il en faudra un paquet d’équipes tant notre planète et ses océans sont à l’agonie. Le principal coupable ? Le plastique. Il est effrayant de lire dans un rapport de l’ONU que depuis 1950, 9 milliards de tonnes de plastique ont été accumulées sur la terre. Et la situation ne risque pas de s’arranger de sitôt, à la lumière des 10 tonnes de plastique produites par seconde dans le monde. Les conséquences de cette accumulation de plastique sont dramatiques. L’ONU souligne que les sacs en plastique peuvent bloquer les cours d'eau et accroître les catastrophes naturelles. En bouchant les égouts et en fournissant des aires de reproduction pour les moustiques et les parasites, les sacs en plastique peuvent pareillement augmenter la transmission de maladies telles que le paludisme.
Heureusement, une lueur d’espoir brille en ce moment, quelque part dans le Pacifique. Une semaine avant ce jour du World CleanUP Day, qui espère secrètement sensibiliser le monde aux limites de son mode de consommation, le Maersk Launcher a vogué vers l'océan Pacifique, accompagné d'une flottille de voiliers et de kayaks, au bout d’une demi-décennie de préparations et de tests à échelle réduite. Le bateau d'Ocean Cleanup, tirant un gigantesque dispositif innovant de flottaison, a quitté le port de San Fransisco, dans le but de nettoyer le continent plastique du Pacifique. Une volonté dans la lignée des objectifs d’Ocean Cleanup, une organisation néerlandaise à but non lucratif, qui entend vider la moitié de la "grande zone d'ordures du Pacifique" (GPGP, pour Great Pacific Garbage Patch) d'ici cinq ans.
Ocean Cleanup explique sur son site Internet que sa technologie réside en un flotteur de 600 mètres de long, se trouvant à la surface de l'eau et une jupe de 3 mètres de profondeur au-dessous. Le flotteur maintient le dispositif à la surface et empêche le plastique de s'échapper au-dessus, tandis que la jupe empêche les débris de s'échapper en dessous.
Solution définitive ou temporaire, le bateau d'Ocean Cleanup ainsi que le World CleanUP Day représentent une étincelle dans un sombre océan de plastique. Un espoir pour mettre fin à de véritables massacres écologiques, comme celui dénoncé par une étude publiée le 13 septembre courant, dans la revue Nature, et qui révèle, après avoir observé 1000 bébés tortues décédés dans l’est de l’Australie, qu’un peu plus de la moitié des spécimens étudiés avaient l’estomac saturé de plastique.


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