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SNESup et Anas Doukkali trouvent enfin un terrain d’entente : Un minima pour chasser le spectre d’une année blanche en fac de médecine de Casablanca

15/05/2018 Hassan Bentaleb

Il n y aura pas d’année blanche pour les étudiants de la Faculté de médecine et de la pharmacie de Casablanca. Les examens du deuxième semestre auront lieu le 18 mai prochain. Le boycott de ceux-ci par les professeurs a pris fin avec l’engagement des ministères  de l’Education nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et celui de la Santé d’ouvrir 85 postes budgétaires au profit des professeurs assistants. Ces postes seront répartis sur quatre ans avec la création de 20 postes chaque année. Le Syndicat national de l'enseignement supérieur a enregistré, dans un communiqué publié récemment,  un déficit en professeurs estimé à 38% par rapport à 2005 alors que le nombre d’étudiants et de médecins résidents en cours de spécialisation a augmenté de 92%. Aujourd’hui, un professeur encadre 21 étudiants contre 6 en 2005, soit une baisse de 300%, a précisé le communiqué.
« Il s’agit d’un accord a minima que nous avons accepté en signe bonne volonté. Le boycott des examens a été entrepris pour protester contre le manque de professeurs assistants », nous a indiqué Ahmed Belhouss, secrétaire général du Syndicat national de l'enseignement supérieur. Et de poursuivre : « Il est vrai que nous avons demandé l’embauche de 70 professeurs assistants en 2017 et en 2018 mais, aujourd’hui, nous avons été confrontés à  deux choix : soit courir le risque d’une année blanche, soit  accepter le minimum pour cette année et attendre un développement positif de ce dossier en 2019 comme l’a promis le ministre de la Santé ».
En fait, ce dernier leur a demandé de faire montre d’indulgence vu qu’il vient de débarquer dans son département et  qu’il n’est pas responsable du bilan de son prédécesseur durant les trois dernières années où aucun poste budgétaire n’a été  créé. « Il nous a seulement promis un seuil minimum qui ne répond certes pas à nos attentes mais que nous avons accepté et considéré comme un pas positif. Ceci d’autant plus qu’il nous a promis  de nouveaux postes au-delà de ceux de l’accord quand le budget de l’Etat le permettra », nous a précisé notre source. Et de poursuivre : « Le département de la Santé s’est engagé également à autoriser les médecins de passer les concours organisés par le ministère de  l’Enseignement supérieur. En effet, le ministère de la Santé a toujours refusé de laisser son personnel participer à ces concours  en arguant le manque de ressources humaines. Aujourd’hui, il y a l’engagement de deux départements, l’un qui ouvre les postes budgétaires et l’autre qui les autorise ».
Mais qu’en est de la date des examens ? Ne s’agit-il pas d’une date très proche ? « Pas de tout. La date de 18 mai n’aura eu aucun effet sur les étudiants qui nous ont soutenus dans notre lutte », nous a expliqué notre source. Et d’ajouter : «  Mieux, ils bénéficieront de deux semaines de décalage pour réviser davantage leurs cours. Je crois que tout le monde est gagnant ».  
Pour le secrétaire général du Syndicat national de l'enseignement supérieur, 2019 sera l’année test pour les engagements pris par le ministre de la Santé. « Attendre et voir est notre devise pour le moment », nous a-t-il lancé. Et de conclure : « S’il y a désengagement de la part de l’Etat, les professeurs de la Faculté menacent d’aller jusqu’au boycott de la direction des thèses et la supervision du concours de première année ».


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