Libération
Rabouni : Une partie des gendarmes du Polisario se rebiffe

10/09/2018 A.E.K

De son  vivant,  Mohamed Abdelaziz rêvait de doter le Polisario d’une « gendarmerie ». Ce qu’il avait réalisé. Ce corps avait atteint un effectif de plus de 700 éléments qui furent considérés comme le fer de lance et une élite de la milice du Polisario. Actuellement, certains des membres de ce corps dont il ne reste que plus d’une centaine, protestant contre les mauvaises conditions d'exercice de leur profession, observent depuis jeudi, un sit-in devant le siège du prétendu ministère de la défense dans le camp Rabouni.
Ils protestent contre l’état de délabrement de l’école de l’armée où ils devaient passer une période de stage, rapporte Futurosahara, le site dirigé par un groupe de jeunes opposants à la ligne officielle de Brahim Ghali et très proche de son principal ennemi, l’ex-sous-officier algérien Mohamed Lamine Ould El Bouhali.
Ils ont trouvé le lieu sans eau, ni électricité, ni alimentation. «C’est une offense» pour eux, ont-ils expliqué à la publication en ligne. Du coup, ils ont décidé de rebrousser chemin et d’initier une action de protestation.
Cette colère est loin d’être un acte isolé. Elle traduit plutôt un sentiment de malaise chez les gendarmes, longtemps chouchoutée  sous Mohamed Abdelaziz.
L’ancien chef du Polisario avait même ouvert une école «Sam Nujoma» pour la formation des gendarmes. Il avait d’ailleurs placé son fils aîné à la tête d’une de ses unités. De hauts cadres du Front lui avaient emboîté le pas, tel l’ex «premier ministre» Taleb Oumar actuellement représentant du mouvement auprès … d’Alger.
Sous Brahim Ghali, le corps d’élite a vu fondre ses effectifs, indique la même source qui cite les témoignages des militaires protestataires.
Ce sit-in n’est en effet que la conséquence logique d’un conflit au sommet du Polisario où les prétendus «walis des régions» et le non moins prétendu «ministère de la Défense»  se disputent la  tutelle sur les gendarmes. Les prétendus walis  souhaitent tirer profit de l’administration de militaires entraînés et équipés pour asseoir leurs autorités et fructifier leurs négoces. Une perspective que redoute la direction au camp Rabouni qui veut rester seule maîtresse à bord pour le devenir des unités.
Une année avant le décès de Mohamed Abdelaziz, la gendarmerie avait été placée sous les ordres de sa famille qui n’avait pas hésité à utiliser cette force dans des conflits tribaux. En témoignent les affrontements survenus en avril 2015 dans le camp d’«Aoussered» entre deux tribus dont celle du chef, écrasant sa rivale. 
 


Commentaires (1)
1. Samir le 11/09/2018 02:20
La fortune qu’ont accumulée certains dirigeants du Polisario et à leur tête l ancien chef, Mohamed Abdelaziz et son épouse, Khadija Hamdi, une Sahraouie algérienne, fille d’un élu et ancien maire de Tindouf, suscitent nombre de points d’interrogation quand à ses origines.

Mahjoub Salek, le coordonnateur du mouvement dissident sahraoui «Khat Ach-Chahid » (La voie du martyr) disait a ce sujet :

«Je connais les chefs du Polisario, certains d’entre eux étaient mes camarades, et je sais qu’ils n’avaient rien » au moment où ils ont rejoint les camps de Tindouf au sud-ouest algérien. « A voir leurs fortunes aujourd’hui, il y a bien des questions que l’on est en droit de se poser », déclare Mahjoub Salek, ancien détenu qui a purgé près de six ans de prison (1982-1988) dans les geôles du Polisario disséminées un peu partout dans le désert algérien.
C’est ainsi que le journal électronique «algériatimes.net» s’est penché sur le problème dans un article intitulé «L’Algérie finance le Polisario avec des milliards.
Le site va plus loin. Il affirme que, selon ses sources, depuis les quatre décennies que dure le problème du Sahara, l’Algérie a dépensé 250 milliards de dollars pour financer des campagnes médiatiques contre le Maroc, soutenir le Polisario, rallier à cette guerre contre le Maroc des médias et journalistes internationaux, organiser des conférences internationales…
Le Sahara restera marocain jusqu'à la fin des temps par la grâce de Dieu.
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