Libération

Licence-Master-Doctorat, un système sujet aux critiques

L’université marocaine est loin d’atteindre ses objectifs, selon le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique

12/01/2019 C.C

On ne sait vraiment plus sur... quelle chaire danser. D’un côté, il y a l'université Mohammed V de Rabat en tête des universités marocaines dans le classement 2018 d'UniRank. Un classement établi sur la base de la présence des établissements sur le web et de leur popularité en termes de circulation estimée, de confiance et d'autorité. Et de l’autre, le dernier rapport du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS), relayé par ‘’les médias’’ et qui met en lumière les nombreux dysfonctionnements ayant trait particulièrement au système Licence-Master-Doctorat. De fait, dire que ledit système et par ricochet les universités marocaines, éprouvent des difficultés à atteindre les objectifs fixés, depuis sa création, il y a plus d’une décennie, confine au doux euphémisme.
Tout d’abord, d’après le rapport du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique, un déséquilibre évident existe entre le nombre d’inscris en Licence et Master. Concrètement, il est révélé qu’uniquement 4,9% des étudiants universitaires poursuivent des cours au Master. Très loin des 91% inscrit en Licence. Alors que les doctorants quant à eux sont estimés à 4,1% de l’ensemble des étudiants dans les universités aux quatre coins du Royaume. Pour le CSEFRS, cela explique le fait que beaucoup d’étudiants ne parviennent pas à parfaire leur formation.
Ensuite, c’est l’assiduité éphémère des étudiants qui a fait tiquer le Conseil. Ce dernier indique que beaucoup d’étudiants s’inscrivent dans les universités seulement afin de profiter d’une bourse d’étude, recevoir la carte d’étudiant, profiter des avantages qu’elle octroie, sans pour autant prendre place dans un amphi. Un constat alimenté selon les auteurs du rapport, aussi bien par une absence de contrôle continu sur les conditions d’accès aux filières, mais aussi sur l’accès ouvert aux établissements universitaires, quelle que soit la nature du cours, magistral ou pratique.  
Le financement est également au cœur des critiques. En effet, quand bien même le budget dédié à l’enseignement supérieur a semble-t-il augmenter de près de 3 milliards de dirhams, passant de 7,5 milliards de dirhams à 10 milliards, entre 2009 et 2017, cette hausse est insuffisante à la lumière de l’augmentation du nombre d’étudiants : 294.000 inscrits en 2009, contre 750.000 en 2016. Soit une croissance de 155%, tandis que le budget de l’enseignement supérieur, n’a été rehaussé que de 21%.  
Enfin, le rapport conclut en soulignant le manque d’attractivité de nos universités pour les étrangers. En chiffres, uniquement 1,2% des étudiants universitaires, pendant 2015-2016 étaient d’origines étrangères. Malgré une très légère hausse en 2017 (1,4%), les universités Européennes, pour exemple, nous dépassaient, et de très loin, en 2007 déjà. A une époque où les étudiants étrangers inscrits représentaient 7% du total des inscriptions.


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