Libération

Les étudiants algériens manifestent contre la tenue de la présidentielle

28/11/2019 Libé

Les étudiants ont manifesté mardi pour la 40e semaine consécutive à Alger, où ils ont affiché leur hostilité à la tenue de l'élection présidentielle du 12 décembre, a constaté une journaliste de l'AFP.
Plus d'un millier d'étudiants et de citoyens ont défilé sans incident de la place des Martyrs, au pied de la Casbah, jusqu'à la Grande Poste, lieu de rassemblement du "Hirak", le mouvement de contestation inédit qui secoue l'Algérie depuis le 22 février. 
Scandant "Algérie libre et démocratique" , "On jure qu'il n'y aura pas d'élections", "Etat civil et non militaire", les manifestants ont égrainé les noms des candidats à l'élection présidentielle suivis d'un "dégage" pour chacun d'entre eux. L'Algérie doit trouver un remplaçant au président Abdelaziz Bouteflika, contraint à la démission le 2 avril sous la pression conjuguée de la rue et de l'armée. 
Mais le "Hirak" refuse que l'appareil hérité de M. Bouteflika et plus largement le "système" au pouvoir depuis l'indépendance du pays en 1962, organise le moindre scrutin et exige au préalable son remplacement par des institutions de transition. 
Les cinq candidats en lice à la présidentielle ont tous participé à la présidence Bouteflika ou l'ont soutenue. "Faire barrage au vote est un devoir national et celui qui vote est un traitre national", ont crié les étudiants, en réponse au chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah.
La semaine dernière, ce général aux commandes du pays depuis la démission de M. Bouteflika en a de nouveau appelé aux "enfants fidèles" de l'Algérie et à leur "devoir envers la patrie", leur demandant d'aller aux urnes.  "Dix jours de campagne électorale et aucun candidat n'a encore osé organiser un meeting dans la capitale", lance Hamid 22 ans, étudiant en génie mécanique à Boumerdes. 
Renchérissant, Samia, une étudiante en droit de 19 ans, ajoute que si ces candidats avaient "la conscience tranquille, ils oseraient affronter le peuple au lieu de tenir des meetings dans des salles fermées".


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