Libération

Les ennemis de l’intégrité territoriale du Maroc en sont pour leurs frais

03/07/2018 T.Mourad

Toute initiative de l’UA doit s’inscrire dans le cadre du soutien du processus onusien

Le sommet de l’Union africaine (UA) qui se tient à Nouakchott marque une avancée substantielle de la cause nationale et le rapport qui a été soumis dimanche aux chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA consacre la primauté du processus onusien dans la gestion de la question du Sahara marocain. 
En effet, le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, a soumis ce dimanche aux chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA réunis à Nouakchott en session à huis clos, le rapport qu’il a été mandaté à réaliser selon la décision 653 adoptée par la session de juillet 2017.
Le rapport, précise l’agence MAP, consacre la primauté du processus onusien dans la gestion de la question du Sahara. Ainsi le paragraphe 20 C stipule que «la nécessité pour l’UA d’inscrire sa démarche dans le cadre d’un appui renforcé aux efforts des Nations unies, pour accroître leur chance d’aboutissement. En d’autres termes, il ne s’agirait pas pour l’UA de développer un processus parallèle à celui des Nations unies ». 
De même, poursuit la même source, la recommandation 21B précise que «le rôle de l’UA devrait viser à accompagner et à soutenir les efforts des Nations unies, dont le Conseil de sécurité demeure saisi de la question. Au demeurant, l’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies conduit, depuis sa prise de fonction, des consultations intensives avec les parties, lesquelles ont exprimé leur engagement à coopérer avec lui».
L’unique référence dans le traitement de la question sera les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. En effet, la recommandation 21C souligne que «conformément à ce rôle d’accompagnement et de soutien, la conférence de l’Union devrait apporter un appui efficace au processus conduit par les Nations unies, basé sur les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. Celles-ci ont, de façon constante, demandé aux parties de reprendre les négociations sous les auspices du Secrétaire général, de bonne foi, en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable dans le contexte d’arrangements conformes aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations unies». 
Les autres organes de l’UA et notamment ceux qui étaient instrumentalisés par les adversaires du Maroc tel le CPS se trouvent dessaisis du traitement de cette question. La recommandation 21D souligne que «pour assurer la cohérence requise, la question du Sahara ne serait évoquée que dans ce cadre et à ce niveau» en faisant référence à la conférence de l’Union africaine et au niveau des chefs d’Etat.
Le rapport reflète fidèlement la position marocaine. Il rappelle ainsi dans le paragraphe 12 que «les autorités marocaines ont réaffirmé le rôle central des Nations unies dans la conduite du processus de négociation. Elles ont mis en garde contre les risques d’un processus parallèle, estimant qu’en reconnaissant la pseudo-RASD, l’UA s’était d’elle-même exclue des efforts de recherche d’une solution. Selon le Maroc, l’Union a, par ce fait, tranché le débat sur le statut du territoire que les Nations unies s’emploient à déterminer. Il est précisé dans le rapport que les autorités marocaines ont marqué leur appui aux efforts du nouvel Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies et leur attachement au processus de négociation conduit sous les auspices des Nations unies et que tout règlement du conflit requiert l’implication effective de l’Algérie.
Le rapport, note l’agence MAP, insiste dans le paragraphe 17 sur le rôle crucial que les autorités algériennes et mauritaniennes peuvent jouer dans la recherche d’une solution. Le président de la Commission de l’Union africaine a exhorté les deux pays à soutenir activement les efforts déployés pour la relance du processus de négociation, en ajoutant que le conflit n’avait que trop duré et que la situation actuelle entravait les efforts d’intégration dans le cadre de l’UMA et ceux visant à promouvoir plus efficacement la sécurité régionale.
Le mécanisme de suivi requis dans le paragraphe 21C a été mis en place par la conférence sous forme de troïka composée des présidents sortants, entrants et en cours avec le président de la Commission de l’Union africaine. Ce mécanisme, conclut ladite agence de presse, présente l’avantage des principes de la continuité dans la position de l’UA et celui de l’équilibre dans ses approches basées sur les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.
A ce propos, Sabri Lhou, avocat spécialiste de l’affaire du Sahara et vice-président du Centre marocain de la diplomatie parallèle et du dialogue des civilisations, précise que le rapport de Moussa Faki Mahamat constitue un camouflet pour le Polisario et ceux qui le soutiennent. « Avant la présentation de ce rapport, ceux qui soutenaient les thèses séparatistes en Algérie, en Mauritanie et en Afrique du Sud, croyaient qu’il allait être contre le Maroc et qu’il allait ouvrir la voie à une forte intervention de l’UA dans l’affaire du Sahara marocain. Ils se sont lourdement trompés». 
Selon lui, trois éléments attestent du fait que la teneur de ce rapport est favorable  à la thèse marocaine.
En premier lieu, il soutient les efforts de l’ONU pour arriver à une solution de l’affaire du Sahara. «Contrairement à ce que croyaient les ennemis du Maroc, Moussa Faki n’a pas recommandé le renforcement du rôle de l’UA dans cette affaire mais le soutien du processus onusien», a-t-il affirmé.
Ensuite, il a préconisé la création d’un mécanise africain de suivi sous forme de troïka. « La fonction de ce mécanisme est d’assurer le suivi d’un dossier qui est entre les mains de la seule ONU. Ce qui induit indirectement la fin de la mission de l’envoyé spécial de l’UA, Joaquim Chissano», a précisé notre interlocuteur. 
Il y a lieu de rappeler à ce propos que cet ancien président du Mozambique, connu pour ses positions anti-marocaines et pour sa défense irréductible des thèses séparatistes, avait été désigné à ce poste  en 2014. Mais Rabat s’était inscrit en faux contre cette nomination. «Même si le rapport n’a pas fait allusion à Joachim Chissano, le fait qu’il a créé un nouveau mécanisme sonne la fin de la mission de l’envoyé spécial de l’UA», a  poursuivi Sabri Lhou. 
Enfin,  ledit rapport «reprend les termes de la dernière résolution 2414 du Conseil de sécurité qui demande aux parties de reprendre les négociations sous les auspices du  Secrétaire général, sans conditions préalables et de bonne foi». Mieux encore, a-t-il poursuivi, il annule la décision du 30ème Sommet de l'Union africaine tenu au début de cette année et faisant allusion à l’autodétermination. «Pour toutes ces raisons, la teneur du rapport de Moussa Faki sur le question du Sahara est on ne peut plus favorable à la thèse marocaine», a conclu Sabri Lhou.
 


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