Libération

Les cours mondiaux du sucre et des céréales en forte augmentation en octobre

L’Indice FAO des prix des produits alimentaires en hausse pour la première fois depuis mai dernier

09/11/2019 Alain Bouithy

Les prix mondiaux des produits alimentaires ont connu une augmentation en octobre. Cela faisait cinq mois qu’ils n’avaient pas connu de hausse, a relevé l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) dans son dernier rapport.
Selon l’agence onusienne, le mois d’octobre a enregistré la première augmentation d’un mois sur l’autre de la valeur de l’Indice FAO des prix des produits alimentaires depuis mai 2019, indiquant qu’il affichait une moyenne de 172,7 points en octobre, soit en hausse d'1,7% par rapport au mois précédent et de 6% par rapport à octobre 2018.
La FAO a toutefois assuré que «les flambées des prix du sucre, des céréales et, dans une moindre mesure, de la viande et des huiles végétales, ont plus que compensé une légère baisse de la valeur du sous-indice des produits laitiers».
En détail, «l’indice FAO des prix des céréales a atteint une valeur moyenne de 164,0 points en octobre, en hausse de 4,2 points (près de 7 points) par rapport au mois de septembre», a relevé l’agence précisant qu’il reste néanmoins inférieur de 1% à son niveau d’octobre 2018.
Il est à noter qu’au cours de ce mois «les prix des exportations de blé et de maïs ont fortement augmenté face aux prévisions faisant état d'une réduction des perspectives de récolte dans plusieurs grands pays producteurs et d'une bonne activité commerciale», a souligné la FAO dans une note publiée jeudi 7 novembre.
En revanche, l’organisation a fait savoir que les prix du riz ont connu une baisse en raison de la faiblesse de la demande et de perspectives indiquant des récoltes de riz basmati relativement abondantes.
En ce qui concerne l'Indice FAO du prix du sucre, les chiffres publiés  par l’organisation montrent qu’il a connu une hausse de 5,8% au cours du même mois, s’établissant en moyenne à 178,3 points par rapport à sa moyenne réduite de septembre « face à des prévisions faisant état de stocks plus restreints pour l'année prochaine ».
Cette évolution s’explique par «la baisse attendue de la production du sucre en Inde et en Thaïlande, respectivement le plus important producteur de sucre au monde et le plus important exportateur de sucre au monde», a souligné l’agence dans un communiqué.
Autre hausse du mois d’octobre, celle de l'Indice FAO du prix des huiles végétales qui a progressé de 0,5%, correspondant à une valeur moyenne de 136,4 points,  atteignant ainsi son plus haut niveau en un peu plus d'un an.
Cette légère progression est due principalement à la hausse des cours de l’huile de palme, qui était en hausse pour le troisième mois consécutif «grâce à l'introduction de nouveaux mandats pour l'utilisation de biodiesel en Indonésie, à une demande d'importations soutenue et à un ralentissement prévu de la croissance de la production».
Bien que faible, cette hausse a plus que compensé la baisse des cours des huiles de tournesol due aux ventes actives effectuées par les agriculteurs à la suite des récoltes exceptionnelles de graines de tournesol dans la région de la mer Noire. Et de ceux du colza dont le broyage plus important que prévu de graines dans l’UE a pesé sur ses cours.
Pour le neuvième mois consécutif, l'Indice FAO des prix de la viande a enregistré une hausse, affichant une valeur moyenne de 182,7 points en octobre. Cette progression représente un bond de 0,9% qui s’explique par l’accroissement de la demande d'importation pour la viande bovine et ovine, en particulier en provenance de Chine.
A noter également que «les prix de la viande porcine ont augmenté modérément, tandis que ceux de la viande de volaille ont baissé en raison de meilleures disponibilités à l'exportation», a constaté la FAO.
En s’établissant à une moyenne de près de 192 points en octobre, l'Indice FAO des prix des produits laitiers a affiché son deuxième mois consécutif de baisse. L’indice a ainsi reculé de 0,7% en octobre, quand bien même il «reste toujours 5,6% au-dessus de son niveau du mois correspondant de l’année dernière», souligne la FAO.
Selon l’organisation, «la baisse d’octobre est imputable au net fléchissement des cours du fromage, qui a plus que compensé les hausses des cours du lait écrémé en poudre et du lait entier en poudre».


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