Libération

Le FIFM célèbre le grand Bertrand Tavernier

La compétition officielle s’annonce des plus rudes

03/12/2019 DNES: Mehdi Ouassat

Dans le cadre de la 18ème édition du Festival international du film de Marrakech, un vibrant hommage a été rendu, dimanche soir, au grand cinéaste français, Bertrand Tavernier, cinéphile érudit, passionné et infatigable. Lors de cette cérémonie haute en couleur, rehaussée par la présence de figures emblématiques du 7ème art, l’Etoile d’or du Festival a été décernée à Bertrand Tavernier par le célèbre acteur américain, Harvey Keitel, qui a exprimé son immense joie de prendre part à cet évènement cinématographique de renommée internationale, et sa grande fierté de remettre cette distinction à Bertrand, une grande pointure du cinéma mondial qui a marqué sa génération et apporté une touche nouvelle à la production cinématographique.
Prenant la parole, à cette occasion, Bertrand Tavernier a tenu à préciser que tout le monde a «besoin d’un hommage et d’un geste chaleureux de soutien». «Surtout quand on passe son temps à essayer de convaincre les gens de nous faire confiance», a-t-il plaisanté. «Je ne sais pas si je mérite cet hommage mais je ne sais pas non plus si je mérite mon arthrose», a-t-il ajouté. Le cinéaste français a tenu à partager son trophée avec «tous les réalisateurs, les acteurs et les spectateurs».
Bertrand Tavernier a, par ailleurs, expliqué que «dans notre monde rongé par les préjugés, les films sont là pour nous réchauffer, nous aider», avant de saluer la diversité de la programmation du Festival de Marrakech.
Mardi, le réalisateur et scénariste âgé de 78 ans pourra évoquer sa longue expérience du cinéma lors d’une rencontre avec le public, dans le cadre de la section «Conversation with» qui promet des échanges intenses et passionnants avec celles et ceux qui font la magie du cinéma à travers le monde. D’autres grands noms, comme l’acteur et producteur américain Robert Redford, l’actrice française Marion Cotillard, le réalisateur palestinien Elia Suleiman ou encore Harvey Keitel, participent à ces ateliers accessibles à tous : professionnels du cinéma, médias et grand public.
Pour ce qui est de la compétition officielle de cette 18ème édition du FIFM, le jury, présidé par l’actrice écossaise Tilda Swinton, doit départager 14 longs métrages en compétition pour le grand prix de l’Etoile d’or qui sera décerné le 7 décembre, lors du gala de clôture.  «Le mot compétition n’est pas satisfaisant. Il ne s’agit pas de décréter quel aura été le meilleur film, mais de mettre en lumière une chose qui nous aura touché”, a expliqué la présidente du jury, notant que la compétition se veut avant tout “humaine et émotionnelle”. “Nous allons tous regarder ces films comme nous les regarderions à la maison, avec liberté et sans prétention aucune”, a-t-elle dit. “Quand je regarde un film, je suis à la recherche d’une voix distincte, d’une voix unique”, a affirmé, de son côté, le réalisateur australien, David Michôd.
L’actrice franco-italienne, Chiara Mastroianni, préfère, quant à elle, “garder son regard de petite fille, naïve lorsqu’elle découvre une œuvre”.
Pour Ali Essafi, réalisateur marocain, il a relevé que “c’est une aubaine pour le Festival international du film de Marrakech de s’enrichir de tous les genres. Il n’est pas question de s’enfermer dans une catégorie ou dans un genre. Le cinéma est libre. Le cinéma ce sont des émotions. C’est tout ce qui compte”.
Concernant le choix fait par le Festival international du film de Marrakech de programmer des premiers et seconds films, la réalisatrice britannique, Andrea Arnold, a relevé être “sensible aux premiers films. C’est là où les artistes placent toute leur passion et leur inventivité des débuts”. Et le cinéma marocain dans tout ça? C’est la question que se posent certains au Maroc à la vue du succès d’un événement comme le Festival international du film de Marrakech.
N’ayant pas d’industrie cinématographique proprement dite, le Maroc peut donner l’impression d’être trop ambitieux, en invitant les plus grands noms du monde du cinéma. Mais il n’en est rien. Le pays a besoin d’un tel événement pour promouvoir son cinéma. Et les films marocains sont bien placés dans la programmation. En effet, cinq films sont programmés dans la section «Panorama du cinéma marocain». Il s’agit de «De quelques événements sans signification» de Mostafa Derkaoui, «Dans tes yeux, je vois mon pays» de Kamal Hachkar, «Lalla Aicha» de Mohamed El Badaoui, «Une place sous le soleil» de Karim Aitouna et «Les femmes du pavillon» de Mohamed Nadif.


 


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