Le Covid-19 reprend du poil de la bête

23/11/2021

L'Allemagne s'inquiète, les Etats-Unis mettent en garde leurs citoyens
"Vacciné, guéri ou mort" à la fin de l'hiver : l'Allemagne s'est vivement inquiétée lundi de l'essor des contaminations au Covid-19, qui a conduit Washington à déconseiller aux Américains de s'y rendre. Le département d'Etat américain a publié deux bulletins relevant au niveau 4, le plus haut degré de mise en garde, son niveau d'alerte concernant l'Allemagne et le Danemark, indiquant "un très haut niveau de Covid-19", alors que l'Europe est redevenue épicentre de la pandémie. Dans une formule choc, le ministre allemand de la Santé Jens Spahn a prévenu que "chacun ou presque sera vacciné, guéri ou mort" d'ici "vraisemblablement la fin de l'hiver" en raison de la propagation du variant Delta "très, très contagieux", qui fait des ravages depuis plusieurs semaines. Le nombre de nouvelles contaminations quotidiennes a franchi un record de plus de 65.000 la semaine dernière. La chancelière Angela Merkel a, elle aussi, lancé une mise en garde face à une "situation hautement dramatique". Les restrictions actuelles ne sont "plus suffisantes", at-elle averti, quatre jours seulement après avoir décidé avec son probable successeur Olaf Scholz de sévères mesures coercitives à l'endroit des non-vaccinés. En Allemagne comme en Autriche voisine, le taux de vaccination est inférieur à 70%, soit un niveau inférieur à d'autres pays européens comme la France où il atteint 75%. Les Autrichiens, malgré une vive grogne exprimée dans les rues ce week-end, sont à nouveau confinés jusqu'au 13 décembre. Commerces, restaurants, marchés de Noël, concerts ou coiffeurs ont baissé le rideau lundi. Mais les écoles restent ouvertes. Le retour des restrictions a provoqué des violences durant le week-end dans plusieurs pays d'Europe, redevenue épicentre de la pandémie, notamment aux Pays-Bas où le Premier ministre a dénoncé des actes de "violence pure" de la part d'"idiots". Depuis la mise à disposition des vaccins au plus grand nombre, aucun pays de l'Union européenne n'avait osé franchir le pas. L'ex-chancelier autrichien Sebastian Kurz avait décrété la pandémie "finie", du moins pour les vaccinés. Arrivé en octobre, son successeur Alexander Schallenberg "a trop longtemps entretenu la fiction" que tout allait bien, commente le politologue Thomas Hofer, interrogé par l'AFP. Face à l'envolée des cas qui ont atteint des niveaux inédits depuis le début de la pandémie, il a dû se résoudre à des mesures "radicales" qu'il avait pourtant initialement exclues. Outre le confinement, la vaccination des adultes va ainsi devenir obligatoire au 1er février 2022, ce que très peu de pays ont instauré jusqu'à présent. "J'espérais qu'on n'en arriverait pas là, surtout maintenant que nous avons le vaccin. C'est dramatique", confie Andreas Schneider, un économiste de 31 ans rencontré par l'AFP dans une rue commerçante de Vienne. En Slovaquie, où les taux d'incidence sont élevés, des restrictions pour les personnes non vaccinées ont été introduites lundi. "Nous avons opté pour un confinement rigoureux des personnes non vaccinées car nous devons les protéger", a déclaré le Premier ministre Eduard Heger. Pendant ce temps, Israël a entamé lundi soir sa campagne de vaccination des enfants de cinq à onze ans, devenant ainsi l'un des premiers pays, après les Etats-Unis, à abaisser l'âge d'accès au vaccin pour juguler la pandémie. L'Etat hébreu avait été l'un des premiers pays à lancer, en décembre 2020, une vaste campagne de vaccination lui ayant permis d'accéder rapidement à des millions de doses. Plus de 5,7 millions des quelque neuf millions d'Israéliens, soit plus de 80% des adultes, ont été immunisés. En France, le Premier ministre Jean Castex a été lundi testé positif. Cela a entraîné en Belgique la mise en quarantaine du Premier ministre Alexander De Croo, qui l'avait reçu plus tôt dans la journée. Quatre autres membres du gouvernement belge, qui ont aussi participé à une réunion franco-belge lundi matin sur la sécurité, "passeront également un test PCR et resteront en quarantaine jusqu'à ce que le résultat du test soit négatif", a indiqué le gouvernement belge. Dans plusieurs pays d'Europe, les manifestations contre le durcissement des mesures anti-Covid se sont poursuivies ce week-end. Elles n'ont cependant pas été marquées par des violences comme à Rotterdam vendredi et à La Haye samedi. A Bruxelles, des heurts ont émaillé dimanche le rassemblement de quelque 35.000 manifestants, selon la police. Et dans le département français de la Guadeloupe, dans les Caraïbes, la contestation de l'obligation vaccinale pour les soignants a dégénéré en crise sociale d'ampleur. Troisième soirée de troubles aux Pays-Bas. Des troubles ont éclaté aux Pays-Bas dimanche soir pour la troisième soirée consécutive, le nombre d'arrestations sur les trois jours de manifestations contre les mesures anti-Covid montant à 130, ont indiqué la police et les médias locaux. Les manifestants ont tiré des feux d'artifice et causé de nombreux dégâts dans les villes d'Enschede (est, près de la frontière de l'Allemagne), Groningue, Leeuwarden au nord et Tilburg au sud. Ces dernières manifestations ont néanmoins été moins intenses que les violences qui ont éclaté dans la ville portuaire de Rotterdam vendredi et à La Haye (sud-ouest) samedi. Plusieurs petits groupes de personnes ont saccagé un abris-bus ainsi qu'une vitrine à Groningue, a confirmé la police. Cinq personnes ont été arrêtées à Enschede. Les Pays-Bas ont réintroduit la semaine dernière un confinement partiel pour faire face à une flambée de cas de Covid-19, avec une série de restrictions sanitaires touchant notamment le secteur de la restauration, qui doit fermer à 20H00. Un match de football dans la ville de Leeuwarden a, en outre, été brièvement interrompu après que des supporters, interdits de stade en raison des restrictions anti-Covid, ont lancé des feux d'artifice vers le sol, ont rapporté les médias néerlandais. La police de Rotterdam a également arrêté 26 personnes dimanche après que des fans aient lancé des feux d'artifice, des poubelles et une glissière de sécurité sur la police pendant la mi-temps d'un match de l'après-midi entre les équipes de Feyenoord et PEC Zwolle, a annoncé la police. Les troubles ont démarré vendredi aux Pays-Bas, lorsqu'une "orgie de violence" a éclaté à Rotterdam, lors de laquelle quatre manifestants ont été blessés par des tirs de la police selon les dernières estimations. Quelque 51 personnes ont été arrêtées et sept personnes ont été blessées. Cinq policiers ont été blessés à La Haye samedi soir dans des heurts avec les manifestants, qui ont lancé des pierres, brûlé des vélos et tiré des feux d'artifices. 19 personnes ont été arrêtées. Des résidents du quartier Schilderswijk, où se sont déroulés ces heurts, ont imputé les violences à la frustration et au manque de perspectives des jeunes de ce quartier populaire, aggravé par les restrictions sanitaires. A cette frustration s'ajoutent les plans du gouvernement néerlandais d'introduire la mesure appelée "2G" (gevaccineerd of genezen)", qui interdirait certains lieux aux non-vaccinés, notamment les bars et les restaurants. "Ils ne savent pas (si la 2G sera introduite) et donc ils ne savent pas quoi faire... Ils pensent que c'est le moyen de se faire entendre", a déclaré à l'AFP Mustafa Toprak, 31 ans, qui souligne que nombre d'entre eux ne sont pas vaccinés. "C'est une mauvaise façon de le faire, mais bon, ce sont les jeunes qui se déchaînent", a-t-il ajouté. Des violences avaient, dans la même soirée, éclaté dans la petite ville de Urk, au centre du pays, et dans plusieurs localités de la province du Limbourg (sud). Dixneuf personnes ont été arrêtées lors des émeutes à La Haye, 16 à Urk, et treize dans le sud de la province du Limbourg, après que des feux d'artifice aient été lancés sur des policiers, selon la police.


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