Libération
La Santé sous haute tension

07/07/2018 Hassan Bentaleb

Interminable bras de fer entre le ministère et les médecins du secteur public

Rien ne semble apaiser les tensions entre le Syndicat indépendant des médecins du secteur public (SIMSP) et le ministère de la Santé. Malgré les débrayages et les sit-in observés depuis le début de l’année par le SIMSP et le changement à la tête du département de la Santé, chacun demeure sur ses positions et personne ne veut céder.   
«Nos militants sont aujourd’hui en grève qui durera jusqu’à la fin de la semaine et on compte observer une autre les 18 et 19 juillet courant afin de protester contre l’indifférence du ministère de tutelle», nous a indiqué  Moulay Abdallah Alaoui El Montadar, secrétaire général du SIMSP. 
En effet, les réunions entamées avec ledit département sont considérées comme vides de sens puisqu’elles ne proposent rien de concret. Pis, les responsables ont même biaisé le dialogue avec les syndicats qui s’est transformé en levier destiné à canaliser la colère des professionnels de la santé alors qu’il est censé être un mécanisme de débat et d’échange.
« On en a marre de cet interminable va-et-vient entre les ministères. En fait, on est souvent ballotté  entre le département de la Santé, celui du chef du gouvernement ou encore des Finances. Chacun renvoie la balle à l’autre et personne ne sait d’où vient le blocage alors qu’on ne demande rien d’autre à l’Exécutif  que de respecter ses engagements quant à l’amélioration des services de santé dans les établissements sanitaires publics et l'application de l'Accord du 21 décembre 2015, avec toutes ses dispositions, notamment celles relatives à l'augmentation des salaires et des indemnités et l'équivalence du doctorat en médecine avec le doctorat d'Etat des autres filières. Une mesure qui permettrait d'avoir des salaires calculés en conformité avec l'indice 509, au lieu de l'indice 336 (salaire équivalent au niveau du master)». 
Notre source estime que les atermoiements du gouvernement sont inacceptables puisque le nombre de médecins du secteur public ne dépasse pas les 10.000 personnes qui ont la charge des 80% des services médicaux au Maroc. «Ceci d’autant plus que le gouvernement a placé le dossier de la santé comme l’une de ses priorités et les responsables gouvernementaux n’ont cessé de répéter dernièrement que la situation de ce secteur n’est pas reluisante et qu’il est temps de trouver une solution», nous a-t-elle précisé.
Du côté du ministère de la Santé, c’est silence radio puisqu’il reste de marbre malgré les séries de grèves dans tous les centres de santé du secteur public, à l'exception des services de réanimation et des urgences et le fait que les médecins n’effectuent plus d’examens dans les centres de diagnostic et ne délivrent plus de document médicaux dont les certificats afférents au permis de conduire. Les médecins du secteur public ont même boycotté certaines tâches administratives. Notamment les rapports périodiques, les statistiques (excepté celles des maladies à déclaration obligatoire), la délivrance de toutes sortes d’attestations (sauf pour les naissances et les décès), ainsi que les réunions, les formations et les caravanes médicales à consonance politique. 
Pourtant, le président du SIMSP reste confiant et déclare que son syndicat demeure ouvert au dialogue. «Nous sommes pour une solution juste et durable de ce dossier.  Et nous ne comptons pas mettre les bâtons dans les roues du ministère. Nous sommes ouverts à toute proposition à condition qu’elle réponde à nos revendications les plus légitimes», a-t-il conclu.
 

Projet de décret relatif aux centres hospitalo-universitaires

 Le Conseil de gouvernement, réuni jeudi, a adopté le projet de décret portant application de loi N° 70.13 relative aux centres hospitalo-universitaires (CHU), a indiqué, jeudi à Rabat, le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et la Société civile, porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi. 
Présenté par le ministre de la Santé, le projet N° 2.17.589 vient renforcer le rôle de ces centres par la révision des missions qui leur incombent et la réorganisation de leurs Conseils d'administration, a-t-il précisé lors d'un point de presse à l'issue du Conseil de gouvernement. Ce texte juridique vise à attribuer la tutelle de l’État sur les CHU à l'autorité gouvernementale chargée de la Santé, à fixer la dénomination de chaque centre, son siège ainsi que les établissements le composant, à définir la composition des Conseils d'administration de ces centres et à énoncer la création d'un comité ad-hoc ou commission spécialisée chargée de déterminer la liste des biens fonciers et biens meubles y relevant, a-t-il ajouté.


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