Libération

L'Unicef met en garde contre la stigmatisation des enfants liés à l'EI

13/03/2019

Les enfants ayant grandi au sein du "califat" autoproclamé du groupe jihadiste Etat islamique (EI) ne doivent pas être stigmatisés comme des "terroristes", a averti lundi le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef).
Le sort des enfants des jihadistes qui ont fui ces derniers jours l'ultime réduit de l'EI dans l'est syrien ne doit pas être ignoré, a également déclaré le directeur régional de l'Unicef pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord Geert Cappelaere.
"Le message selon lequel ces enfants sont indésirables prend de l'ampleur", a affirmé M. Cappelaere lors d'une conférence de presse dans la capitale libanaise Beyrouth.
Selon l'Unicef, quelque 3.000 enfants étrangers se trouvent actuellement dans le camp de déplacés d'Al-Hol (nord-est de la Syrie), qui a accueilli la majorité des personnes fuyant ces dernières semaines l'ultime poche de l'EI, pilonnée par les Forces démocratiques syriennes (FDS).
Ils sont originaires d'au moins 43 pays, dont beaucoup sont réticents à l'idée de les rapatrier.
Après une montée en puissance fulgurante en 2014 et la proclamation d'un "califat" sur de larges pans de territoire à cheval entre la Syrie et l'Irak, l'EI est désormais sur le point d'être rayé de la carte.
Le nombre d'enfants déplacés irakiens et syriens liés à l'EI est encore plus important et leur réintégration dans la société est un défi sur lequel les autorités se sont très peu penchées.
"C'est un problème qui ne peut être caché sous le tapis", a averti M. Cappelaere, lors du lancement d'un CD de chants d'enfants, qui coïncide avec le huitième anniversaire du conflit en Syrie.
M. Cappelaere a rappelé le génocide rwandais en 1994: "Nous avons vu là-bas des milliers d'enfants associés à des personnes ayant commis des atrocités. Ces enfants ont pour la plupart été réintégrés avec succès dans la société rwandaise".
Selon lui, de tels efforts sont nécessaires en Syrie et en Irak. "Il existe une solution pour ces enfants. Cela requiert un courage politique, un engagement politique. Ces enfants sont des enfants, ce ne sont pas des terroristes".
Il a ensuite indiqué que quelque cinq millions de Syriens étaient nés depuis le début du conflit dans leur pays en 2011, déclenché par la répression brutale de manifestations pacifiques par le régime de Bachar al-Assad.
Alors que les combats ont cessé ces derniers mois dans plusieurs régions syriennes, des millions d'enfants ont toujours besoin d'aide humanitaire.
La guerre en Syrie a fait plus de 360.000 morts et des millions de déplacés.

 


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