Libération

L’Unicef déplore “l’absence” d’un système intégré de protection de l’enfance au Maroc

L'affaire de Khadija fait des remous à l’international

08/09/2018 C.C

L’affaire ultra-médiatisée de la jeune Khadija, victime présumée d'un viol collectif dans la région d'Oulad Ayad, a dépassé les frontières et fini par interpeller l’Unicef. En effet, l’organisation onusienne s’est fendue d’un communiqué publié sur les réseaux sociaux, à travers lequel elle appelle à ce que «les droits des enfants impliqués dans un cas semblable à celui de Khadija, soient respectés, qu’ils soient victimes, témoins ou accusés». Et d’ajouter : «Les enfants qui pourraient être associés à ce cas, quel que soit leur statut, sont d’abord victimes de l’absence d’un système intégré de protection de l’enfance au Maroc ». Tout en rappelant que le drame vécu par Khadija ‘’ n’est pas isolé à la lumière des 5980 affaires de violence à l’encontre des enfants traitées par les différents tribunaux du Royaume en 2017». L’Unicef interpelle donc l’ensemble des intervenants, médias compris « à placer l’intérêt supérieur de l’enfant avant toute autre considération et à se conformer aux standards de la prise en charge des victimes de la violence ».  
Aussi, l’agence de l'Organisation des Nations unies qui vise  l'amélioration et la promotion de la condition des enfants, rappelle dans son communiqué avoir incité le gouvernement marocain à élaborer une Politique publique intégrée de protection de l’enfance (PPIPE) dont le second objectif stratégique s’avère être la mise en place des dispositifs territoriaux intégrés de protection de l’enfance. Elle souligne donc que « le cas de la jeune Khadija doit alerter tous les intervenants quant à l’urgence d’opérationnaliser rapidement ces dispositifs territoriaux. Lesquels doivent être centrés sur l’enfant et la famille, favoriser les mesures préventives, être fondés sur la gestion de cas individuels, autour desquels s’organisent une prise en charge et une offre de services de qualité adaptée à chaque situation, et coordonnée entre les différents intervenants ». En conclusion, l’Unicef réaffirme son engagement pour accompagner l’opérationnalisation de ces mécanismes territoriaux de protection de l’enfance.
Pour rappel, la politique publique intégrée de protection de l’enfance repose, d’une part, sur les fondamentaux de l’approche droits sous-tendus par la Convention internationale des droits de l’enfant et les instruments internationaux des droits de l’enfant et, d’autre part, sur la Constitution qui consacre dans son préambule la primauté des Conventions internationales ratifiées sur le droit interne du pays et accorde une attention particulière à la protection des enfants (articles 32, 34, 169). En outre, elle se base sur cinq objectifs stratégiques. Tout d’abord, le renforcement du cadre légal de protection des enfants et de son effectivité. Ensuite, la mise en place de dispositifs territoriaux intégrés de protection de l’enfance. Il s’agit  également de standardiser les structures et les pratiques. Sans oublier la promotion de normes sociales protectrices des enfants. Et enfin, la mise en place de systèmes d’information et de suivi-évaluation.


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