Libération

Jean Zaganiaris en dédicace au Salon du livre

L’auteur, fin connaisseur de la littérature marocaine contemporaine, était à la rencontre de ses lecteurs

13/02/2018 A.K

A l’occasion du 24ème Salon international de l’édition et du livre de Casablanca,
Jean Zaganiaris était samedi à la rencontre de ses lecteurs pour une séance de dédicaces de son livre «Parlez-moi de Littérature» (Edition Marsam).
Sociologue, enseignant chercheur et l’un des principaux fondateurs du Cercle de Littérature Contemporain, Jean Zaganiaris est un fin connaisseur de la littérature marocaine contemporaine. Dans son livre qui regroupe un ensemble de chroniques, il nous embarque dans un long voyage au cœur de la littérature marocaine et nous livre son propre regard sur le champ littéraire marocain. ««Parlez-moi de Littérature» est un beau morceau de chronique littéraire. Ce recueil, qui s’emboîte dans les deux précédents, «Queer Maroc» (Ed Des ailes sur un tracteur, 2013) et «Un printemps de désirs» (Ed La croisée des chemins, Casablanca, 2014) rapproche Jean Zaganiaris de la multitude et de la réussite littéraire», écrivait l’auteur marocain Mamoun Lahbabi dans une chronique publiée dans Libé. «Affûté d’un regard de sociologue, il use du langage avec finesse pour faire de la chronique littéraire une porte grande ouverte vers les auteurs dont il fréquente assidûment les œuvres et envers lesquels sa curiosité semble inépuisable», disait-il.
Dans ses chroniques, Zaganiaris privilégie souvent les détails les plus anodins. Les titres mêmes des textes, souvent parodiques, expriment ce qu’il y a d’indicible, dans les blessures les plus intimes : «Cette vie qui nous consume», «De battre mon cœur s’est arrêté», « La vie n’est pas ailleurs », « Je t’aime Mélancolie », « Le Printemps arabe, un opéra fabuleux ? », « Lorsque la mort vient caresser la vie ». Il n’est donc pas du tout étonnant que l’auteur s’intéresse, à plusieurs reprises, à l’un des sujets les plus tabous et les moins représentés de la littérature contemporaine: celui du handicap. Les chroniques consacrées aux ouvrages de Badreddine Aitlekhoui, «Momo, je m’appelle. Autiste je suis…»  ; de Jamal Berraoui, «Yasmine, 19 ans, trisomique, bachelière» ou de Fatima Lemrini El Ouahabi et Mohamed Hamadi Bekouchi, «Le Maroc des handicapés, entre souffrances et aspirations», rappellent qu’avant d’être un génie du style, un écrivain se distingue tout d’abord par l’empathie qui est la sienne à l’égard de ses compatriotes privés du pouvoir de verbaliser la souffrance et de la sublimer. La richesse de la littérature, écrit justement l’auteur, «est avant tout d’être inclusive».
Pour Mamoun Lahbabi, «il faut saluer le travail de Jean Zaganiaris, sa large connaissance de la littérature marocaine d’expression française, reconnaître son mérite de remuer le nécessaire débat autour du roman». «Jean Zaganiaris est complice autant de l’auteur que du lecteur. En habillant les textes, ses commentaires agitent un univers qui ne peut progresser dans le silence de la critique et l’indifférence de l’observateur», souligne-t-il. Et d’ajouter : «la noce littéraire a besoin de voix pour mieux résonner, pour aller encore plus loin ; elle a aussi besoin de générosité et d’engagement pour mieux répandre les saveurs somptueuses du banquet littéraire».


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