Libération

Appel à davantage de coopération entre les pays d’origine, de transit et d’accueil des migrants

14/07/2018 Libé

Une journée d’étude sur la politique marocaine de migration et d’asile a été organisée par la Chambre des conseillers

Le président de la Chambre des conseillers, Abdelhakim Benchamach, a appelé, jeudi à Rabat, à adopter une approche anticipative intégrée en matière de migration et à promouvoir la coopération et le dialogue positif entre les pays d’origine, de transit et d’accueil.
S’exprimant à l’ouverture d’une journée d’étude sur «La politique marocaine de migration et d’asile : opportunités et défis», il a également mis l’accent sur la nécessité de prendre en considération les effets positifs de la migration et de se focaliser sur les efforts visant l’atténuation des impacts négatifs de ce phénomène.
Il a, dans ce sens, appelé à soutenir les efforts déployés par certains pays du Sud de la Méditerranée pour traiter les migrants et les réfugiés conformément aux principes des droits de l’Homme et du droit international humanitaire, notamment à travers un appui à l’opération de la régularisation de la situation des immigrés et de leur intégration, ainsi qu'à garantir aux Parlements nationaux les moyens pour exercer une censure démocratique sur les politiques de la migration. 
Hakim Benchamach a aussi plaidé pour l’adoption d’une approche méthodologique qui permettra d'investir les acquis de la migration dans le développement dans sa définition globale, en prenant en compte les différentes questions et problématiques de la migration dans les politiques publiques au niveau national, comme le programme de lutte contre la pauvreté et celui de la justice sociale. 
Cette opération, a-t-il précisé, nécessite une évaluation des impacts de la migration sur l’ensemble des mesures et dispositions prises dans les programmes de développement et les politiques de réduction et de lutte contre la pauvreté. 
Le président de la Chambre des conseillers a, aussi, fait observer qu'il est fondamental de tenir compte des problématiques en lien avec la migration dans toutes les étapes de la mise en œuvre des politiques publiques, y compris l’élaboration, l’exécution, le suivi et l’évaluation.
Il a, à cet effet, estimé que l’intégration socioéconomique des migrants constitue une question centrale des politiques de la migration, expliquant que la lutte contre l’extrémisme consiste premièrement à encourager les migrants à s’intégrer dans les pays d’accueil et à les traiter comme des contributeurs à la croissance économique de ces pays ainsi que de leurs pays d’origine.
Cette réunion, a-t-il fait remarquer, est une occasion d’examiner les mécanismes et problèmes d’intégration sociale et économique des migrants et d’approfondir la réflexion sur les bonnes pratiques encourageant l’intégration professionnelle des migrants afin de répondre à leurs besoins. 
Hakim Benchamach a, à cette occasion, mis en relief la Stratégie nationale d'immigration et d'asile, élaborée par le Maroc sous la conduite de S.M le Roi Mohammed VI, en tant que leader de l’Union africaine en matière de migration, soulignant que cette politique est basée sur les valeurs universelles des droits de l’Homme, à travers l'adoption de mesures administratives visant à régulariser la situation juridique des migrants et des réfugiés afin de leur permettre d’accéder aux droits fondamentaux, en particulier la santé, l’éducation, l’habitat, l’emploi, l’accompagnement social et juridique, outre les services de divertissement et de sport.
Il a, ainsi, noté que le traitement de la question de la migration et des migrants doit se focaliser sur les principes des droits humains et la nécessité de donner la priorité à la protection des migrants et réfugiés, soulignant l'importance d'adopter une politique de protection active pour améliorer l’intégration des migrants et reconnaîre leur contribution positive.
Hakim Benchamach a également jugé nécessaire d’identifier les lacunes que comportent les textes législatifs et les choix politiques en vigueur et de prendre en considération la question de la migration et ses impacts dans l'élaboration des politiques et programmes locaux, régionaux et nationaux.
Organisée par la Chambre des conseillers en partenariat avec le Conseil national des droits de l'Homme et le soutien de la Fondation Konrad Adenauer et la Fondation Westminster pour la démocratie, cette rencontre engage un dialogue public institutionnel et un débat social participatif et pluraliste concernant les questions liées à la mise en œuvre de la Constitution et la préservation des droits économiques, sociaux, culturels et environnementaux en application de la stratégie d'action d'étape de la Chambre pour la période 2016-2018.
Par ailleurs, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a déclaré lors d’une conférence de presse au siège de l’ONU à New York que le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, qui devra être finalisé par l’Assemblée générale des Nations unies en vue de son adoption formelle en décembre prochain à Marrakech, constitue «un pas sans précédent» pour renforcer la coopération internationale sur la question migratoire.
Ce Pacte a un «immense potentiel pour aider le monde à exploiter les avantages des migrations régulières tout en évitant les mouvements irréguliers qui mettent les gens en danger», a-t-il souligné à New York, où le sixième et dernier round de négociations intergouvernementales s'est déroulé cette semaine en vue de la finalisation de ce texte non contraignant.
Pour le chef de l’ONU, les migrants sont un «moteur remarquable de croissance», dans la mesure où ils comptent pour plus de 250 millions de personnes dans le monde, représentent 3% de la population mondiale, et contribuent pour 10% au produit intérieur brut mondial.
Il a ainsi relevé que le Pacte comporte  trois objectifs importants : premièrement, réorienter les politiques nationales de développement et la coopération internationale pour le développement afin de prendre en compte les migrations et créer des opportunités pour les gens de travailler et de vivre dans la dignité dans leur propre pays. Deuxièmement, a-t-il ajouté, il permettra de renforcer la coopération internationale contre les passeurs et les trafiquants d'êtres humains et protéger leurs victimes; et troisièmement, il contribuera à augmenter les opportunités de migration légale.
Car selon le Secrétaire général de l’ONU, la migration est un «phénomène global positif». Par conséquent, de nombreux pays développés vieillissants ont besoin de migrants pour combler des lacunes importantes sur les marchés du travail, a-t-il dit.  Et de noter que le changement climatique et d'autres facteurs, y compris la simple aspiration humaine, continueront à pousser les gens à chercher des opportunités loin de chez eux.
«Si la migration est inévitable, elle doit être mieux organisée grâce à une coopération internationale efficace entre les pays d'origine, de transit et de destination, afin de ne pas laisser le contrôle des mouvements de population entre les mains des trafiquants», a-t-il conclu.


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