Libération

A 90 ans passés, Roland-Garros dévoile sa version longue

23/05/2019

Un nouveau court longtemps controversé qui lui fait gagner du terrain, un Central remodelé de fond en comble, prélude à la pose d'un toit devenu indispensable : Roland-Garros dévoile sa version longue pour l'édition 2019, qui débute dimanche.
Avec l'entrée en scène du court Simonne-Mathieu - du nom d'une ancienne championne, résistante durant la Seconde Guerre mondiale - c'est un nouvel espace considérable qui intègre l'enceinte du stade parisien. En franchissant, à l'est de son emplacement d'origine, l'avenue Gordon Bennett et en aménageant au fond du jardin des serres d'Auteuil ce court de 5.000 places, Roland-Garros passe de 8,5 à 12,5 hectares. Un bond sensible de près de 50%, qui lui permet de combler une partie de l'écart conséquent qui le sépare des trois autres tournois du Grand Chelem, Wimbledon, US Open et Open d'Australie, installés eux sur une superficie autour de 18 à 20 hectares.
En préparant le court Philippe-Chatrier à accueillir un toit rétractable, Roland-Garros, dernier du club des quatre à ne pas en disposer, oeuvre là-aussi pour ne pas se laisser distancer par ses acolytes du Grand Chelem. A Wimbledon et à l'US Open, deux courts en sont équipés. A l'Open d'Australie, déjà trois.
"Le projet, c'était aussi d'apporter plus de fluidité dans le stade", souligne Gilles Jourdan, directeur du projet de modernisation de Roland-Garros.
D'un bout à l'autre de l'enceinte, Roland-Garros s'étend désormais sur environ 800 mètres.
"Avec un court important, le Simonne-Mathieu, à l'extrême est", un ensemble de courts réaménagés au-delà du court Suzanne-Lenglen (la zone dite du Fond des Princes) "à l'extrême ouest, et au milieu les deux plus grands courts (Chatrier et Lenglen), on va étendre le public, décrit-il. On espère que ça va marcher."
Semi-enterré, enchâssé dans des serres florales sur ses quatre côtés, et désormais le troisième en termes de capacité, le court Simonne-Mathieu est emblématique du projet d'extension de Roland-Garros : c'est sa construction qui avait cristallisé l'hostilité de défenseurs du patrimoine et de l'environnement, ainsi que de riverains, et donné lieu à plus de cinq ans de bataille judiciaire autour de l'aménagement des serres.
Roland-Garros compte désormais cinq courts de plus de 2000 places. Mais le court N.1, arène à taille humaine réputée pour son ambiance chaleureuse, installé près du Central, vit son dernier tournoi : il sera sacrifié au profit d'une place des Mousquetaires agrandie, plus aérée et plus verte.
L'autre gros morceau du chantier en cours, c'est la reconstruction quasi-intégrale - entre 80% et 90% - du court Philippe-Chatrier, lancée dès le lendemain de l'édition 2018 et opérée en un an chrono.
De l'extérieur, ça donne un stade non plus avec quatre tribunes rectangulaires mais aux angles arrondis, offrant "une meilleure visibilité aux spectateurs, notamment dans les virages", vante le tournoi. Plus haut (26 m contre 18 m) et plus large (105 m contre 85 m). Et si sa capacité reste sensiblement la même (15.000), les sièges en bois clair ont remplacé ceux en plastique vert.
Surtout, sa structure est désormais prête à accueillir le toit qui entrera en service à partir de l'édition 2020. "Pour supporter ce poids, ces onze ailes qui vont se déployer en vingt minutes, il a fallu renforcer considérablement la superstructure de ce court", explique le directeur général de la FFT, Jean-François Vilotte.
"Dans le court Philippe-Chatrier aujourd'hui, il y a en poids une demie Tour Eiffel de charpente métallique", soit quelque 3700 tonnes, image-t-il.
Seul le terrain a finalement échappé aux travaux. "On l'a protégé, on a mis une dalle en béton dessus tout l'hiver pendant les travaux, explique M. Jourdan".


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