Libération

7 morts dans un attentat-suicide à Kaboul

L’attaque a ciblé un convoi de véhicules des partisans du commandant Massoud tué en 2001

11/09/2018

Un kamikaze à moto s'est fait exploser dimanche à Kaboul près d'un convoi de partisans du commandant Massoud, tué en 2001 après avoir résisté à l'occupant soviétique, puis aux talibans, tuant au moins sept personnes.
Le kamikaze, qui visait un groupe de véhicules dans le centre-ville, a fait également 24 blessés, tous des civils, indique un communiqué du ministère afghan de l'Intérieur. Hashmat Stanikzai, le porte-parole de la police, a déploré sept morts et vingt blessés.
La force de l'explosion a fait trembler les immeubles alentour et exploser leurs carreaux.
Parmi les victimes se trouve le conducteur d'une voiture recouverte de photos de Massoud, a constaté l'AFP. Tué dans l'explosion, son véhicule est allé s'encastrer dans la devanture d'un magasin. Deux de ses passagers ont été blessés, ont rapporté des témoins.
Le porte-parole du ministère de la Santé Waheed Majroh a fait état de deux morts et de dix blessés. Les autorités afghanes donnent souvent des bilans humains contradictoires immédiatement après des attaques.
Aucun groupe n'a revendiqué la responsabilité de cet attentat, qui intervient quatre jours à peine après une double attaque contre un club de lutte de Kaboul, qui avait fait 26 morts et 91 blessés.
Plus tôt dans la journée, les forces de sécurité afghanes avaient annoncé avoir abattu un homme qui voulait se faire exploser près de partisans d'Ahmad Shah Massoud.
Des convois d'hommes armés tirant en l'air pour célébrer sa mort il y a 17 ans terrorisaient la capitale depuis le début de la journée, forçant les habitants à rester chez eux.
Massoud, un commandant charismatique d'ethnie tadjike, a mené la résistance contre l'occupant soviétique dans les années 1980, puis contre les talibans à l'époque où ceux-ci dirigeaient l'Afghanistan, de 1996 à 2001.

Il a été tué deux jours avant les attaques du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, revendiquées par Al-Qaïda, qui ont amené Washington à lancer une vaste opération militaire en Afghanistan, chassant les talibans du pouvoir.
Des dizaines de berlines et de pick-up chargés d'hommes armés arpentaient la capitale, brandissant des drapeaux. Les équipes de l'AFP ont régulièrement entendu des coups de feu dimanche.
Au moins 13 personnes ont été blessées par des munitions retombées à terre, avait avant cela indiqué le porte-parole du ministère de la Santé.
Dans un communiqué, le ministère de l'Intérieur a indiqué avoir arrêté 110 personnes, saisi vingt voitures et dix armes après les tirs entendus toute la journée mais qui n'était plus audibles dans la soirée.
Nombre d'Afghans ont toutefois fait part de leur indignation sur les réseaux sociaux. "Pourquoi devons-nous subir ça chaque 9 septembre? Pourquoi le gouvernement afghan le permet-il?", s'indignait l'un d'entre eux.
Dix policiers ont par ailleurs été tués et huit blessés pendant la nuit durant des combats qui ont duré plusieurs heures dans la province du Wardak, proche de Kaboul, a déclaré à l'AFP Abdul Rahman Mangal, un porte-parole du gouvernement provincial.
"Des frappes aériennes ont été demandées et cinquante combattants talibans ont été tués", a-t-il précisé.
De l'autre côté du pays, des talibans ont attaqué la nuit passée un check-point dans le district Obe de la province d'Herat (Ouest), tuant neuf membres des forces de sécurité et en blessant cinq autres, a indiqué le porte-parole du gouverneur provincial Jailani Farhad.
Quinze assaillants ont également péri dans l'assaut, qui s'est terminé après l'arrivée de renforts sur les lieux, selon M. Farhat.
Mercredi, une double attaque, revendiquée par le groupe Etat islamique, contre un club de lutte d'un quartier chiite de Kaboul avait fait 26 morts, dont deux journalistes, et 91 blessés.
Kaboul et Washington cherchent à pousser les talibans à s'asseoir à la table des négociations pour mettre fin à plus de 38 années de guerre ininterrompues dans le pays, depuis l'invasion soviétique de l'Afghanistan fin 1979. Mais les insurgés tardent à se laisser convaincre.
L'EI, dont les troupes sont bien plus réduites mais qui multiplie les attentats sanglants, est laissé hors des discussions.


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