Libération
​Benkirane a encore frappé

23/06/2015 Par Meyssoune Belmaza

​Benkirane a encore frappé
Le chef du gouvernement marocain, à travers ses récents  propos aux médias, semble plus superstitieux que jamais en tentant une approche plus déstabilisatrice qu’optimiste. Il a fait, et à l’approche des élections qui plus est, des déclarations plutôt anticipées  et sans réserve sur les colonnes de notre confrère L’Economiste la semaine dernière, à savoir : «Même si le PJD doit perdre les élections, la réforme des retraites sera adoptée». Alors, ou bien Benkirane voulait-il jouer au «samaritain» à ses heures perdues, ou bien était-il tenté, tout simplement, d’essayer de contrecarrer une probable poisse vis-à-vis de qui remportera les élections?  
En tout cas, il serait limpide au plus vif des intellects que le discours de cet acabit doit être tourné, plus que sept fois, dans la bouche avant d’être déglutiné! En effet, en révélant vouloir clore le dossier de la retraite à l’automne, il ne s’agit plus de verser dans la simple formulation du vœu pieux. Pour plusieurs avertis de la question de la retraite, il s’agirait plutôt, de se hasarder à alpaguer, encore une fois, les Marocains avec des espoirs enrobés dans de prétendus engagements mielleux au goût de fiel, tel que de se dire « être prêt maintenant à augmenter la pension minimale des retraites (de 1 000 à 1 500 DH) et généraliser l’allocation familiale (à 200 DH pour tous les enfants, quel qu’en soit le nombre) ». Etant entendu que le texte ne devrait être appliqué qu’en 2016, le chef du gouvernement, selon la même source, espère, tout de même, conclure les discussions avec les centrales syndicales à l’issue de ce mois sacré. A la question si Benikirane ira au front envers et contre tout ? Pas la peine de stresser, la réponse se saura dans moins d’un mois !  Quoi qu’il en soit, ce genre de promesses est pour laisser la catégorie des retraités aux anges si elles sont tenues, mais le cas échéant, elles auront l’effet d’un coup de massue porté sur leur tête ! C’est dans cette dernière perspective, qu’il serait judicieux de les prévenir. Et comme a dit Schubert dans son dernier quatuor en 1826 : «Ne joue pas au plus malin, ce poisson tu ne berneras point.»